Sur les dunes de sable rouge

Sur les dunes de sable rouge
Et sous la lune blanche
Tous les sentiments en amadou
S’écoulent sous les manches
Des belles djellabas volages
 
Voit-on depuis les hautes dunes
Les caravanes passées
Naviguant toujours sous la lune
Pour écraser le passé
Des hommes bleus sans métissage
 
Autour du puits asséché et mort
Les animaux se pressent
Et comme pour conjurer le sort
Des éclairs de détresse
Annoncent dans le ciel l’orage
 
Dans l’encre noire du ciel profond 
Les belles étoiles se noient
Dans les yeux bleus du petit garçon
Et dans le feu qui rougeoie
Son monde qui bouge sans âge
 
Dans les sillons de sable jaune
Les traces des insectes
Côtoient les pas de certains hommes
Diaphanes anachorètes
Marins de la mer sans naufrage
 
Et puis l’heure du thé approche
Fort comme mon bel amour
La grande peur qui s’effiloche
Dans la suavité des beaux jours
Au fond de cet âcre breuvage
 
Oh toi la sagesse du désert
Dans les maigres acacias
Ne me laisse pas dans cet enfer
Entouré de mimosas
Planté là seul et sans bagages

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